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  • Kévin Floury

Infoclimat, le ciel bleu des passionnés météo

Imaginée en 2001, l’association Infoclimat est aujourd’hui devenue un pilier de la météo en France. Relevés météo, observations du temps, référence dans le milieu... elle poursuit son développement. Rencontre avec son Président.

Rencontre météo des adhérents Infoclimat - © Bernard Trouillet
Laurent Garcelon

Kévin Floury : Infoclimat est née en 2001. Et c’est avant tout une question d’Internet ? Laurent Garcelon, Président d’Infoclimat : Oui, Infoclimat est arrivée avec l’avénement d’Internet. Avant cette nouvelle ère, les passionnés vivaient seuls de cette passion pour la météo, avec le célèbre bulletin du soir d’Alain Gillot Pétré. Internet a permis de faire entrer en contact de nombreuses personnes. Infoclimat était avant tout une communauté de passionnés, une petite poignée au départ. Notre site internet est arrivé en 2001, progressivement le nombre de personnes passionnés a augmenté et il a fallu faire appel à un vrai hébergeur. C’est de là qu’est née l’association en 2003 pour financer le stockage d’Infoclimat.


En cette rentrée de septembre, combien avez-vous d’adhérents ? Nous sommes autour de 1150 adhérents. Ils sont répartis en France métropolitaine, dans les DOM-TOM mais aussi chez nos amis frontaliers comme en Belgique, en Suisse ou encore en Espagne. Certains ont adhéré depuis le bout du monde, jusqu’en Afrique.


Infoclimat c'est 220.000 photos, plus de 3 millions de messages sur son forum

Infoclimat est un passage obligatoire pour les futurs prévisionnistes ?


En tout cas, certains professionnels de la météo ont fait leurs premiers pas sur Infoclimat. Ils sont aujourd’hui ingénieurs-prévisionnistes à Météo France. L’association est devenue une vraie référence pédagogique. Le forum est fort de nombreux sujets avec beaucoup d’échanges entre passionnés. On y retrouve aussi un nombre important de dossiers explicatifs consacrés à des phénomènes de référence, comme les tempêtes.

L’autre rubrique phare, au-delà de notre carte de météo en temps réel, c’est Photolive. C’est le réseau le plus dense en France de photographies-météo. L’observation visuelle du ciel est tout aussi essentielle que les relevés. Sur Infoclimat, il y a environ 220.000 photos de phénomènes météo. Du ciel bleu aux abondantes chutes de neige. Je pense que cela constitue l’une des plus fortes communautés de photos-météo sur un seul et même site dans le monde.

On pourrait définir Infoclimat comme une base de données géante ? Grâce à son réseau de stations météo ?


Ce réseau est nommé « Static ». Il est constitué d’un matériel de relevés météo qui répond à des exigences en matière de fiabilité et de précision. C’est une chose essentielle. Ce matériel météorologique répond à des exigences environnementales en matière d’installation. Cette exigence permet de répondre aux normes et critères de l’Organisation Mondiale de la Météo. Des données fiables que l’on collecte et qui permettent ensuite de figurer aux côtés des stations de Météo France. Vous pouvez y avoir accès en direct sur notre site internet.

Carte nationale des stations météo - © Infoclimat

Face au réchauffement climatique, les stations installées sur le territoire vont aider à mieux comprendre son impact sur nos régions ?


Nous avons une base de données très riche. Cela va en effet permettre de voir l’évolution de tous les paramètres météo dans le temps. On fiabilise actuellement toute la partie climatologique. Nos plus anciennes stations vont bientôt pouvoir constituer des valeurs de référence pour établir par exemple des moyennes de température dans une région. En poursuivant notre développement, nous allons pouvoir comprendre les évolutions climatiques jusque sur des échelles locales, par la densité de notre réseau. Nous contribuons à préparer une base de données qui servira dans le temps !

Preuve de ce sérieux, Météo France a tissé un partenariat avec votre association ? Oui, il date de 2010. Nous pouvons partager sur notre site les données des stations de Météo France en direct et sous forme d’archives. Ce sont des infos utiles pour la prévision à court terme. Ces données permettent d’améliorer la prévision locale à courte et moyenne échéance. L’observation météorologique via un réseau de stations est essentielle. L‘un des meilleurs exemples est la montagne, avec la limite pluie-neige en hiver.

Station météo Infoclimat au Mont-Ventoux (1911 mètres d'altitude) - © Infoclimat

Infoclimat deviendra-t-elle un jour une société ? Non, l’association c’est une vocation. C’est notre volonté totale de rester associatif. Nous n’avons pas d’ambition à vouloir faire quelque chose de marchand, cela ne répondrait plus à notre passion. Notre premier objectif, c’est le partage, la passion, l’échange avec les passionnés. C‘est tout sauf quelque chose que peut devenir mercantile.


Vous ne serez jamais une société, mais vous avez forcément de grands projets ? C’est de poursuivre avant tout le déploiement de notre réseau de stations météorologiques. Le tout, avec l’aide de nos passionnés et adhérents. On ne l’a pas évoqué un peu plus tôt, mais il faut préciser qu’une grande partie des stations appartiennent directement à des particuliers. Ils ont fait l’effort d’investir 700, 800 euros pour s’équiper. Côté association, nous allons continuer le déploiement de station, parfois dans des endroits remarquables comme nous l’avons fait au Mont Ventoux ! Il n’y avait plus de relevés météorologiques depuis 1968.


Le réseau de station météo Static d'Infoclimat compte 1651 stations (septembre 2020)

Il y a deux rendez-vous forts chaque année, ce sont les rencontres entre passionnés et adhérents. La météo est au cœur de tout ? Oui, tous les ans notre objectif est de partir à la rencontre des adhérents. On choisit des endroits différents dans tout le pays en été comme en hiver. Ce sont des rencontres qui tournent autour de la météo et qui permettent en plus de découvrir une région, un territoire. C’est aussi un très beau moment d’échanges et de convivialité. En fonction des rencontres, nous pouvons avoir des interventions de professionnels comme ceux de Météo France. Lorsque le temps s’y prête, ce sont même des chasses aux orages qui sont organisées ! On a déjà fait l’analyse de manteau neigeux en plein hiver, l’idée étant de creuser la neige sur 1 à 1m50 de profondeur pour comprendre ses différentes couches et sa formation.

Les français ont une relation particulière avec la météo au quotidien. Comment l’expliquer ?


Dans notre vie, il est rare que l’on passe au travers d’un phénomène qui soit marquant. Un orage, une tornade, une importante tempête... il y aura toujours quelque chose qui appellera à notre curiosité. On à la chance d’habiter un territoire aux confins de différentes caractéristiques climatiques de grandes échelles mais aussi locales. On est un pays riche de phénomènes météorologiques, en métropole comme dans les DOM-TOM. C’est ce qui explique sans doute ce nombre important de passionnés.


© La Montagne (via Météo France)

Et vous, qu’est ce qui vous a marqué dans votre vie de passionné météo ?

2 phénomènes majeurs. La vague de froid de l’hiver 1985, un événement très marquant dans ma région, le Cantal. J’étais adolescent à l’époque, je m’en souviens très bien. Et puis plus récemment, c’est un orage de type méditerranéen qui a traversé le Cantal. C’était en 2007. Il y a eu des dégâts considérables, il avait fait des victimes. Un mot pour ceux qui liront cet entretien jusqu’au bout ? Si Infoclimat existe aujourd’hui, c’est grâce aux adhésions. Le coût des serveurs représente plusieurs milliers d’euros par an. Les adhésions nous servent à amortir cette dépense mais aussi à poursuivre le développement de notre réseau de stations météo. Ce sont les adhésions qui vont permettre d’assurer la pérennité et l’indépendance de notre association.


Retrouvez les données météo, Photolive et le forum :

- sur le site internet de l'association Infoclimat