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Le défi fou d’un réalisateur de tourner un film avec de vrais orages

Dernière mise à jour : mai 26

C’est un pari osé ! Tourner un film avec comme acteur principal... de vrais orages ! Le réalisateur a lancé une campagne de financement participatif pour l’aider dans ce projet baptisé « Ascension ».

© Mathieu Brochier

Kévin Floury : Mathieu Brochier, vous êtes ce que l’on appelle un « chasseur d’orages », d’où est venue cette passion ?


Mathieu Brochier, réalisateur à l’origine du projet de film : Je suis tombé dans la

Mathieu Brochier

météo par l’accumulation de plusieurs événements météorologiques qui m’ont marqué. Notamment des inondations importantes en Ardèche en 2003. Elles ont isolé mon petit village quasiment du reste du monde. J’ai également vécu plusieurs orages qui me restent en tête encore aujourd’hui. À l’époque, j’allais dans le lit de ma mère quand j’avais 10 ans parce que les orages me faisaient peur. Aujourd’hui, c’est totalement l’inverse !


Cette passion tournée vers le ciel a débuté en 2006 avec un simple téléphone portable, c’est bien ça ? Oui, puis en 2008 ma mère m’a offert ma première caméra, c’est là que j’ai commencé à filmer les orages avec ce petit caméscope. L’année d’après, je me suis mis à la photographie tout en découvrant le site chasseurs-orages.com. Avec toutes les galeries photos sur le site, la communauté de photographes, ça m’a fasciné ! C’est à ce moment là que je me suis dis que j’avais envie d’en être. Pour l’anecdote, c’est un chasseur d’orages qui m’a vendu mon premier appareil photo. J’ai débuté en chassant avec mon scooter, je reconnais que niveau sécurité ce n’est pas vraiment l’idéal. Cette expérience est rapidement devenue une passion ? Je n’ai pas un début original. Mais quand on a envie de se lancer, il faut faire avec les moyens à disposition. Si tu ne te construis pas une expérience, tu n’en auras jamais. Il ne faut juste pas se lancer n’importe comment. Il faut écouter, lire, échanger... mais à un moment donné il faut y aller.

2014 est une étape importante avec l’acquisition de votre permis de conduire... et étonnament votre relation avec les orages change à ce moment ? En effet, assez rapidement je suis devenu solitaire pour chasser les orages. Les chasseurs n’ont pas tous la même vision. Moi j’aime beaucoup partir seul, me plonger dans une ambiance qui me permet de ressentir ce lien fort avec l’orage. Ce que je voulais absolument, c’est être sur un point haut. Voir l’orage frapper les villes, les plaines. Ce moment, c’est un peu comme une sorte de rappel à l’ordre de la nature à l’Homme. Face à ces phénomènes, je me pose de réelles questions sur la planète, la nature. Plus globalement, ces orages m’amènent à une question générale autour de la force de la nature. C’est un ressenti de fin du monde, de fin des temps. J’ai une vision très dramatique et cinématographique de la chose. Mon côté réalisateur.


C’est ça qui vous emmène aujourd’hui au désir de tourner un film ? Oui, car l’orage est un moment d’émotion. Je m’intéresse à lui pour son aspect artistique, pour le chaos qu’il représente. Dans mes travaux, je laisse de côté l’aspect scientifique. Si vous regardez Prélude (NDLR : prologue du film, disponible en fin d’article), vous aurez l’ADN de ce que sera mon film Ascension. Je cherche volontairement à ce que l’orage soit oppressant.

© Prélude, Mathieu Brochier

Mais pourquoi vouloir tourner un film... avec de vrais orages ? Beaucoup de gens se détournent de ce qui se passe dans le ciel, alors que cela peut être merveilleux. Le souhait de vouloir le tourner en image réelles, c’est l’idée de montrer les vraies merveilles offertes par la nature. J’ai une vision assez dystopique de l’avenir et de l’être humain. Ascension va être le reflet de ça. Cela en fait un projet tout particulier et je veux jouer sur cette impression sombre. Je veux toucher les gens. Je veux qu’ils se posent des questions.


L’orage ne sera pas le seul personnage. On découvre dans Prélude la personnalité de Tanya. C’est à ce moment là qu’on comprend que l’on est dans une fiction... Ascension sera un vrai film de cinéma. Avec des dialogues, une histoire, une intrigue. Je vais raconter l’histoire de Tanya, par rapport à son passé, son vécu, son histoire. Dans ce film, je vais illustrer et expliquer pourquoi elle va choisir l’orage plutôt que tout le reste. Quand elle va rencontrer l’orage, elle va être face à des choix. Il y aura des décisions à prendre.


Vous l’avez dit, c’est un vrai film et cela demande des moyens. Techniques, humains, logistiques... On a budgétisé Ascension à environ 70 000 euros. Pour le lancement de la campagne de financement participatif sur KissKissBankBank, la première raison est de confirmer l’intérêt du public pour le projet. Cet intérêt permettra d’être plus fort pour le vendre à des producteurs, des distributeurs. Normalement, quand on tourne un film, des dates de tournage sont fixées, ici on ne peut pas s’engager. On dépend des orages. C’est l’acteur principal. C’est ça le challenge du film. Il n’y aura pas d’effets spéciaux, il y aura que de vrais orages. C’est inédit ! C’est une grande première ce que l’on veut faire. On peut apprendre que le tournage aura lieu 48h avant. Il faut donc que les personnes soient rémunérées durant la saison des orages afin qu’elles soient disponibles pour aller tourner immédiatement.


Justement combien de personnes vont être mobilisées sur ce tournage ? Il va y avoir une équipe technique d’au moins 6 personnes avec les acteurs en plus. L’ingé-son, le réalisateur, la scripte, le chef-opérateur... cela demande du monde ! Il y aura aussi à rémunérer un compositeur.


Vous n’avez pas parlé du matériel utilisé. Comment allez-vous filmer ?

Avec une caméra de cinéma. Il faudra en acheter une. Elle coûte environ 6000 euros. Pour une caméra de cinéma c’est peu cher, mais pour nous c’est un investissement important. Cependant, c’est nécessaire car nous voulons un rendu artistique, une véritable immersion dans le film. Si vous deviez résumer votre projet de film « Ascension » en quelques mots ? Ce ne sera pas des éclairs de A à Z. Il va falloir faire progresser l’intrigue, l’histoire. Les tournages pourront avoir lieu le jour et la nuit. Il y aura toute une préparation en amont en surveillant l’évolution de la météo. Nous aurons d’ailleurs un travail main dans la main avec Lyon Météo pour des questions de sécurité et d’anticipation. On ira pas à l’aveugle. Les lieux seront sélectionnés pour un début de tournage devant débuter cet été.


>> Pour soutenir ce projet unique et découvrir le prologue du film, cliquez ici.

Kévin FLOURY.

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