Contenus sponsorisés 

Non, Météo France n’a pas promis « un été très chaud »

La polémique ne cesse d’enfler. Après un début d’été rythmé par le mauvais temps et des températures souvent fraîches pour la saison, Météo France est pointée du doigt. A tort. Récit de Kévin Floury.

Centre Météo France de Lannion © le Journal de la météo

« Météo France prévoit un été très chaud », c’était la promesse du journal Le Parisien le 2 mai dernier. Un titre accrocheur qui annonce en 7 mots que soleil et températures estivales s’imposeront tout l’été. Ni une, ni deux, la couverture du journal d’actualité fait le tour des réseaux sociaux. Sur Twitter, on se réjouit presque du retour promis des vagues de chaleur. Certains s’interrogent : « à quand la prochaine canicule ? », alors que la France a tristement connu son record de chaleur en juin 2019 (46°C dans le Var), signe incontestable du réchauffement climatique. Comme si cela ne suffisait pas, l’été 2020 emboîte le pas. Il se fait également remarqué en prenant la tête du podium de l’été le plus sec jamais observé en métropole.


Mais cette année et 3 mois après la Une ensoleillée du Parisien, la saison chaude semble avoir disparu. Comme cachée derrière les nuages sombres des nombreuses perturbations qui ont défilé. Fraîcheur, orages et pluies parfois copieuses s’enchaînent, nos voisins européens souffrent également. Des pluies historiques sont enregistrées en Allemagne ou en Belgique en juillet dernier. Le bilan humain et matériel est lourd, rappelant ainsi la présence du changement climatique et l’accentuation des phénomènes extrêmes. Mais où est passé l’été auquel on s’habitue ?

Météo France injustement critiquée sur les réseaux sociaux Depuis quelques jours, la Une du Parisien publiée au printemps dernier ressort sur les réseaux sociaux. La polémique enfle. Comme une preuve que Météo France s’est bel et bien trompée. Reprenant la couverture du journal, de nombreux utilisateurs du réseau social accusent l’organisme public « d’erreur » ou encore de « flop ». Pointée du doigt, Météo France alors en plein orage, se défend en rappelant que l’article du journal Le Parisien était basé sur une carte de « prévisions saisonnières ». Une prévision bien différente de celle que l’on a l’habitude d’entendre à la radio. Mais pour beaucoup, l’erreur est manifeste, Météo France est responsable.

Non, Météo France ne s’est pas trompée Et pourtant, les prévisions saisonnières n’ont rien a voir avec les prévisions classiques de notre iPhone ou du bulletin météo de notre chaîne favorite. Expertisées chaque mois par les professionnels de la météo, elles ont ici pour finalité d’offrir un indice, une tendance, une moyenne des scénarios météo qu’il pourrait faire dans les 3 prochains mois. Pour cela, deux paramètres sont analysés : températures et précipitations possibles. « Ces scénarios chercheront à définir si l’hiver prochain sera en moyenne chaud et sec ou froid et humide en Europe de l’Ouest », explique l’organisme de prévision. Mais attention, « la prévision saisonnière présente des limites que nous indiquons en toute transparence », rappelle Météo France. Les ingénieurs météo expliquent en effet que « les performances des prévisions saisonnières sont très variables selon le lieu, la saison et le paramètre météorologique concerné. Elles sont meilleures pour la température que pour les précipitations, et pour la température, meilleures en hiver qu’en été ». Des données à prendre donc avec précaution. Sur les dernières cartes, au cœur de la polémique, il est clairement question de scénario. L’indice de confiance ne dépasse d’ailleurs dans aucun des cas les 50%, laissant ainsi une large place à l’erreur comme pour ce début d’été 2021.


Pourquoi prévoir dans le temps si la fiabilité est mince ? Car si la polémique enfle au sujet de la fraîcheur de ces derniers jours en France, malgré des prévisions saisonnières rassurantes, il suffit de quelques clics sur le site de Météo France pour lire que « la prévisibilité de la température en Europe de l’Ouest, sans être nulle, reste faible. Ceci est dû aux caractéristiques de la circulation générale de l’atmosphère au-dessus de l’océan Atlantique aux latitudes tempérées ». Le ton est donné, la fiabilité médiocre. Mais alors pourquoi se lancer dans des cartes qui peuvent être, in fine, totalement différentes de la réalité ? Oui, la fiabilité de la prévision saisonnière est limitée en métropole et plus largement sur le continent européen, mais « beaucoup de nos départements et territoires d'outre-mer se situent dans des zones pour lesquelles la fiabilité des prévisions saisonnières est bonne », confirme Météo France. Les prévisions saisonnières sont également « très utilisées sur l'ensemble du continent américain, en Afrique de l'ouest et dans le sud-est asiatique ». Une prévision à long terme qui permet à de nombreux secteurs, comme l’agriculture, d’anticiper la météo de demain… à de longues échéances. Mais avec c’est vrai, de grandes incertitudes !


Kévin FLOURY.

  • Facebook
  • Twitter